DREAM MANDÉ – DJATA

DREAM MANDÉ – DJATA est une création qui sera présentée en avant-première au Festival d’Avignon 2017.

Le projet est un récit écrit par Rokia Traoré d’une partie de l’épopée mandingue, rapporté, joué et chanté tout le long du spectacle sur fond de classiques mandingues interprétés par Mamah Diabaté au ngoni et Mamadyba Camara à la kora.

Note de Rokia Traoré:

« Mes racines sont bien ancrées dans la culture mandingue.
Pourtant, lorsque j’ai commencé à apprendre la musique, il était plus naturel pour moi de jouer de la guitare et écrire des textes en français ou en anglais, de rêver de rock’n’roll et de faire du rap, que de participer à des spectacles de mariage et de baptême (lors desquels sont interprétés les chants traditionnels griots). En effet, je n’ai pas entièrement grandi au Mali et de plus, étant considérée comme noble bambara, je n’avais pas le droit, a priori, d’apprendre et chanter des chants de griots.

Le projet Dream Mandé concerne la musique traditionnelle malienne, mais il est également la preuve que la modernité nous porte vers des changements inévitables, donnant parfois la possibilité d’offrir une vigueur et un sens au passé à travers des concepts contemporains qui vont à l’encontre des coutumes établies.

Si les griots ne s’accordent pas toujours sur les périodes et faits précis de l’histoire, il n’en reste pas moins que dans le répertoire de l’épopée Mandingue, chaque mélodie a un sens, a été composée ou modifiée à l’occasion d’un événement précis, et marque une époque précise de l’histoire du Mandé.

Dans ma démarche à travers ce projet, ce n’est pas tant l’interprétation de ces chants classiques griots que toute la dramaturgie naturelle intense et profonde de cette tradition qui m’intéresse. J’ambitionne de transcrire un récit griot en dehors de la langue mandingue mais en préservant le sens de chaque geste, chaque mot, chaque croyance originelle.

En parallèle à DREAM MANDÉ – DJATA, un second spectacle sera présenté en 2017-2018: DREAM MANDÉ – BAMANAN DJOUROU. Celui-ci est fondé sur des reprises de chants classiques Bambara et des adaptations de chansons françaises (Jacques Brel ; Léo Ferré) avec des arrangements vocaux et instrumentaux créés sur la base de mélodies traditionnelles, tout en s’écartant considérablement de la musique traditionnelle pour offrir des harmonies et des rythmes hors du commun.

Il s’agit donc de présenter plusieurs spectacles, créés sur la base d’instruments acoustiques d’Afrique de l’Ouest, avec pour but de mettre en valeur ces instruments dans des concepts artistiques modernes.

Une des étapes importantes de ce projet a été l’enseignement de Bako Dagnon. Lors de la première interview qu’elle avait accepté de m’accorder, elle m’a dit:

« Ma fille, je te dirai tout ce que tu souhaites savoir car tu es tout ce qu’il faut pour mériter ma confiance. Vois-tu, la parole est précieuse, son pouvoir est immense. Par elle se fait notre histoire dont la bonne connaissance nous permet de prendre en main notre présent et décider de notre futur. La parole peut construire, elle peut détruire. Il y a des siècles de cela, afin d’assurer un cadre, des règles et des usages qui la préservent au mieux, qu’elle puisse organiser nos sociétés, transmettre l’histoire le plus précisément possible, une organisation sociale a confié à ma famille la lourde tâche d’en être gardienne et veiller à sa bonne utilisation dans tous contextes publics sociétaux.
Les temps ont changé, afin que l’histoire du Mandé soit reconnue par le reste du monde, je me dois de l’enseigner en dehors de la famille des niamakalas et des règles d’antan à chaque fois que c’est possible. Toi, je peux te faire confiance. Je crois que tu sauras utiliser la parole dans le respect des règles que sont l’intégrité, l’humilité et le respect de l’autre ».

Dagnon Djéli s’est éteinte, avec elle beaucoup d’enseignement qu’elle n’aura pas eu le temps de transmettre. Mais il y a tout le temps que j’ai eu le privilège de passer à ses côtés, toutes les réponses qu’elle m’avait données et que j’avais pu enregistrer avec son autorisation.
Bako Dagnon était une grande artiste, une personne très intelligente, une femme forte, curieuse capable d’analyse et d’objectivité.

Merci à Bako Dagnon, Ali Farka Touré, Ousmane Sacko et Dramane Coulibaly. De là où ils sont, puissent-ils voir au-delà des mots toute ma sincérité, mon affection, et ma gratitude à leur égard pour les moments qu’ils m’ont permis d’avoir à leurs côtés. »

Dream Mandé est un projet initié par Rokia Traoré dans le cadre de sa Fondation Passerelle à Bamako (Mali).

best place to buy phentermine online buy ambien online overnight xanax buy online how to buy adderall online